Librairie Orange bleue

Histoire de l’amour et de la haine, Histoire de l’amour et de la haine

dantzigSept personnages , milieu parisien au moment où la loi sur le mariage pour tous se vote (2013). C’est la vie qui se vit avec les besoins d’amiour, les pratiques sensuelles et sexuelles légitimées pour chacun par un passé différent. Atmosphère plutôt masculine, roman de réflexions sur les mœurs homosexuelles, et ce qu’elles révèlent dans la société. Des exemples pris dans l’antiquité, l’actualité. 27 chapitres courts, à thème ; écriture imagées créative, pour exhiber ce qui se cache sous les concepts exprimés en définitions :

Le mariage : une bouffonerie sociale

Le beau : ce qui fait jouir

Le désir : l’excitation de l’irréalisé

L’amour : un commerce inéquitable

L’angoisse : c’est un virus qui s’enclenche dès qu’il y a un danger, une maladie de l’espoir

Le génie : le détournement de la souffrance

Le dénominateur commun des gays : la gentillesse mais aussi la cause de ce qu’on veut la tuer.

Que nous dit la masturbation ?

Ce qui capte dans ce récit, c’est la véracité qu’expriment les expressions imagées et leur variété. La leçon de masturbation du début dit l’essentiel, se satisfaire en solitaire, ne vaut-il pas mieux le partager ? hétéro ou homo ?

Eloïda

Gratis, Félicité Herzog

herzog

Pour son deuxième livre, Félicité Herzog a écrit un roman qui raconte la résistible ascension d’un golden boy, son irrémédiable déclin puis son inéluctable rebond quelques années plus tard à la tête d’une Start up iconoclaste qui devient une multinationale redoutable et redoutée.

Si l’idée de départ parait assez bonne, l’auteur bâcle l’histoire par la description d’un monde trop manichéen, des personnages caricaturaux, très superficiels et des situations paradoxales ou équivoques qui altèrent considérablement la portée du propos.

La forme ne sauve pas le fond ; L’écriture est impersonnelle, un tantinet lancinante ; le style oscille sans cesse entre celui d’un reportage documenté de journaliste et le rapport d’un expert technocrate. Le rythme est monocorde et ne fait jamais faire vibrer le lecteur. Aucune poésie ne s’échappe de ces lignes.

Ce n’est pas un roman écrit avec ses tripes qui témoigne d’une force d’écriture et d’un talent original mais un exercice de style qui se veut très maitrisé, très policé (cela s’apparente davantage à un produit marketing). Ce livre reflète la pensée de nos élites formatées où le rationnel dans un monde normé doit toujours prévaloir et où l’imprévu n’a pas sa place.

Seule bonne nouvelle ; Herzog se lance dans la littérature après avoir essayé le monde de la finance ; on peut s’en réjouir car elle fera à coup sûr moins de dégâts chez Gallimard que par le passé (elle a été responsable du programme Bridge the gap pendant plusieurs années chez AREVA avec le succès que l’on connait …!)

Ce roman aurait dû s’appeler Courage fuyons et non gratis …car dans ce livre la réalité dépasse la fiction …en effet l’auteur a participé dans des vies antérieures au naufrage effectif de grandes entreprises  …..C’est un livre de souvenirs à peine romancés !

Guy

 

Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes, Olivier Bleys.

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Dans un vieux quartier délabré d’une ancienne ville industrielle chinoise, la famille Zhang tente de survivre dans un pays qui se veut de plus en plus moderne et qui semble oublier les habitants attachés à leur passé

Le vieil arbre à laque du misérable jardin entourant la bicoque des Zhang sera pour l’auteur le prétexte à envisager une méditation sur la Chine contemporaine, sur le regard que peut porter chaque membre d’une famille sur cette dernière, sur la place d’un être dans l’existence.

L’écriture est belle et efficace. Un bémol : le dénouement…

Laurent