Mais pas que…

A L’Orange bleue, il y a tous les polars sélectionnés par notre comité de lectrices et de lecteurs de L’Adéhène’s Club…

mais pas que

A la table des artistes des sciences de l’homme : on prend le temps de réfléchir sur ce qui nous arrive.

 

DSC_1076Avez-vous vu celui-ci ?
LE MYTHE DU DEFICIT ? Stephanie Kelton, Les Liens qui Libèrent, 23,50 €

Voilà un livre comme on les aime à L’Orange bleue. Un livre qui pique, qui dérange, qui chatouille. Un livre qui bouleverse quelques doxas un peu trop sacrées, jamais plus débattues. Nous sommes ici dans l’univers des théories de la science économique ; une science très humaine bien loin de la physique mécanique avec ses belles courbes et ses jolis théorèmes. Et non, l’économie est bien une science de l’homme, souple et complexe ! Stéphanie Kelton, éminente figure de la théorie monétaire moderne, s’attaque ici aux mythes du déficit public. Pour cette universitaire américaine qui fut économiste en chef auprès de la commission budgétaire démocrate au Sénat, le déficit budgétaire n’appauvrit pas l’Etat et la dette n’est pas un fardeau, le juste niveau d’une dette publique (qui n’a rien à voir avec celle d’un ménage) s’évalue en fonction des objectifs politiques, de l’inflation et du niveau réel des ressources. Quand nos scientifiques débattent, c’est en tout cas rassurant !

 

DSC_1074Avez-vous vu celui-là ?
LES MIRAGES DE LA CERTITUDE ? Siri Hustvedt, Babel, et c’est un poche à 9,70 € !

Discrète autant que fascinante, l’œuvre de Siri Hustvedt (romans, essais, poésie, récits), accompagne la marche de nos mondes à l’aide d’une clairvoyance remarquable. Avec un courage intellectuel rare, Siri Hustvedt aborde ici des rivages connus : la très pertinente, et ancienne, question de la relation corps/esprit (… la caverne de Platon, déjà !). Le défi est néanmoins ambitieux alors que les tout récentes avancées en neuroscience, en génétique, en psychiatrie nourrissent et fertilisent le champ des possibles de l’intelligence artificielle. Jouons-nous aux apprentis sorciers, pouvons-nous encore reprendre possession de notre destin ? Siri Hustvedt est une auteure nécessaire, à n’en pas douter !

 

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Avez-vous vu celui-ci ?
LA MEDIOCRATIE, Alain Deneault, Lux, un poche trois ouvrages pour 8 € !

Voici réunis en un seul trois récents ouvrages majeurs d’un des plus célèbres de nos philosophes québécois préférés : Alain Deneault. De la philosophie politique, au cœur de l’actualité ! Trois essais particulièrement caustiques mais si bien documentés, sur l’idéologie du management et l’état de la culture : Gouvernance / le management totalitaire (2013), La Médiocratie (2015) et Politique de l’extrême centre (2016). De « La révolution anesthésiante à laquelle nous poussent les théories du management » à la « perte des repères philosophiques », Alain Deneault estime que notre époque n’a plus le luxe de se laisser conduire à la petite semaine par les médiocres qui dominent. C’est téméraire, mais n’avons-nous pas besoin d’un peu de hardiesse intellectuelle par les temps qui courent ?

 

Avez-vous vu celui-là ?DSC_1075
CHRONOS, L’Occident aux prises avec le temps, François Hartog, Gallimard, 24,50 €

Un livre sur le temps diablement d’actualité ! car le chantre du présentisme insiste et signe. François Hartog, directeur d’études émérite à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, est en effet notre grand spécialiste national de l’historiographie et de l’étude des formes historiques du rapport au temps, à notre (nous, aujourd’hui, en Occident) temps, caractérisé notamment par l’omniprésence du présent, évanescent et contraignant. Les crises sanitaires et écologiques nous rappellent durement mais surement l’urgence de nous poser courageusement la question sur nos façons de saisir Chronos, et quelles nouvelles stratégies nous faudrait-il formuler face à ce futur incommensurable et menaçant. A dévorer d’urgence, sans procrastiner, pour nous extraire de la dictature du présent !

Mais pas que…

A L’Orange bleue, il y a le dernier Goncourt (terrible cette année !), le dernier Renaudot, le dernier Fémina (du très bon Joncourt)…

mais pas que

sur le mur des albums pour la jeunesse, des contrées, des planètes, des univers que nous explorons pour vous, venez y goûter nos découvertes !

Avez-vous vu celui-là ?

20210224_110257ET PENDANT CE TEMPS-LA AU JAPON, Arnaud Boutin – Sarbacane
Complètement déjanté, cet album loufoque et drôle raconte l’histoire d’une famille qui accueille tous ceux qu’elle croise : un petit japonais, Ivan et Berthold, un lama, un clown etc.  Un album sur la différence et la chaleur humaine. Pour les 7/8 ans.

Avez-vous vu celui-ci ?20210224_110252

TADAO ANDO, C’est toi l’architecte, Gaia Stella – Hélium
Formes et matières, lumières et voyages voici un LIVRE/JEU pour apprendre l’architecture et s’amuser à reproduire cinq bâtiments. 200 stickers fournis ! A partir de 8 ans.

20210224_110310Avez-vous vu celui-là ?

MON CŒUR EST UN PETIT MOTEUR QUI DEMARRE AVEC de L’AMOUR, Alex Cousseau/Charles DutertreRouergue
Plein de poésie et de douceur, ce petit album présente un petit personnage à la découverte de son propre corps. Pour les 3/4 ans.

Avez-vous vu celui-ci ?20210224_110305

MIGRANTS, Issa Watanabe – La Joie de Lire
Très bel ouvrage sans texte mais superbement illustré par des tableaux d’animaux pour aborder le sujet avec les plus jeunes.

mais pas que…

A L’Orange bleue, il y a tous les tomes de Mortelle Adèle (depuis trrrrèèès longtemps !)…

mais pas que

à la table des littératures : sensations, surprises, émotions, fulgurances pour les curieuses et les aventuriers ; l’évasion sans carte d’embarquement !

 

Avez-vous vu celui-là ?

Tu aurais dû t’en aller, Daniel Kehlmann – Actes Sud
Un scénariste emmène sa femme et sa fille Esther dans une grande maison perdue au bout d’un chemin de montagne. Louée sur AirBnb, ils n’ont eu aucun contact avec le propriétaire de cette sublime bâtisse d’architecte. Et voilà, qu’après un ou deux jours la maison semble vivante et changer de forme, défiant toutes les lois de la physique. Et que dire de son scénario émaillé de ce qui ressemble à un journal intime de plus en plus angoissé. Il semble contaminé par une autre écriture que la sienne qui tenterai de le prévenir d’un danger en notant Va-t-en sur plusieurs de ses pages.
Daniel Kehlmann renouvelle dans ce court roman les codes de la littérature fantastique.

Avez-vous vu celui-ci ?

On était des poissons, Nathalie Kuperman – Flammarion
« « On était des poissons ». Ma mère a prononcé cette phrase qui semblait prolonger une rêverie. Nous étions sur la plage.
« Puis on est devenu des êtres humains », a-t-elle ajouté, comme redescendant sur terre. « Tu es prête ? Maillot de bain ! » »
Ainsi s’ouvre le très beau livre de Nathalie Kuperman qui nous plonge dans une relation mère -fille hors norme, un amour si fou qu’il peut faire mal.
Borderline, siphonnée mais sacrément solaire et maîtrisant la grisante alchimie des mots, une mère emmène sa fille à la mer. Ça se passe dans le Sud-Est de la France, sur la Côte d’Azur avec ses rochers, la mer, le soleil brûlant et Madame Platini, la propriétaire de l’hôtel où loge le couple mère-fille qui se révèle l’un des personnages clef de l’intrigue. C’est l’histoire d’une filiation d’orpheline qui va se révéler jusqu’au suspense. C’est la jeune fille, Agathe, qui du haut de ses 11 ans prend en charge le récit de cet été si particulier en forme de fugue. Son père vient de quitter sa mère pour fonder une autre famille aux Etats-Unis. Alors que sa mère la presse de se dépêcher de grandir, la jeune Agathe, que sa mère n’appelle que par des surnoms – ma petite salamandre, mon petit macaroni – tente de se dépêtrer comme elle peut avec le secret que sa mère lui révèle et dont elle se passerait bien. Très beau livre !

Avez-vous vu celui-là ?

Les danseurs de l’aube, Marie Charrel – Les Editions de l’Observatoire
A cheval sur deux époques, entre les années 1930 et 2017 – le sixième roman de Marie Charrel écrit une part de l’histoire de l’Europe et célèbre le courage de la résistance à travers un thème inattendu : la danse flamenco.
Les intrigues croisées se mêlent donc à la grande Histoire qui sert bien plus que de toile de fond à ses personnages magnifiques dont deux  – les jumeaux Sylvin et Maria Rubinstein, ont réellement existés. Fuyant la Russie soviétique, ils s’installent en Pologne où ils apprennent l’art du flamenco auprès de gitans solaires. Bientôt ils vont mettre toutes les scènes d’Europe et de New York à leurs pieds. Mais alors que la guerre éclate, les danseurs sont séparés et Maria assassinée. Sylvin, comme amputé, entre alors en résistance sous les traits de sa sœur. Ainsi dans la peau d’une femme, il aide les réseaux et cachent des grenades sous ses jupons de flamenca.
De nos jours, dans les milieux altermondialistes, Lukas, jeune danseur à l’identité trouble rencontre la belle Iva qui a le duende, l’âme du flamenco chevillée au corps. Il lui raconte l’histoire des Rubinstein que la jeune femme ignorait. Ensembles, ils vont danser sur les scènes européennes jusqu’à ce que le présent rattrape Iva et l’oblige à fuir…
Dans ce très beau livre où se mêlent matériaux historique et fiction, Marie Charrel écrit le destin d’artistes prêts à tout pour défendre la liberté face à la folie du monde. Un roman lumineux contre l’obscurité.

Avez-vous vu celui-ci ?

La vengeance m’appartient, Marie Ndiaye – Gallimard
Maître Susane, quarante-deux ans, avocate installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu’elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze — mais elle a tout oublié de cette après-midi dans la chambre du garçon. Ne subsiste que l’impression d’un ravissement, d’une subjugation. Or Gilles Principaux vient voir Maître Susane pour qu’elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui vient de tuer leurs trois enfants.
Qu’est-ce vraiment que la famille notamment quand on est une femme, et que vaut le souvenir ? Marie Ndiaye signe ici un thriller psychologique implacable au style virtuose.