Librairie Orange bleue

Coup de projecteur au rayon littérature

thomasVanreeth

Café vivre, Chantal Thomas

« Des chauffeurs de taxi, des héroïnes de faits divers, des amoureux qui enferment leur cœur au cadenas traversent ces pages. Ils croisent tout naturellement Colette, Roland Barthes, Patti Smith, Voltaire ou Corto Maltese, sans oublier quelques figures chères de mon enfance, ma mère nageuse, mon grand-père bien-aimé… On peut dès lors lire ces Chroniques en passant comme un journal de voyage, si l’on croit que chaque matin contient une occasion de départ et une chance d’aventure, émotive, intellectuelle – la quête d’une certaine qualité de vibrations.
Ce qui a piqué mon attention relève d’un intérêt essentiellement subjectif. Les rencontres, les lectures, les images et incidents qui m’inspirent et me donnent à rêver n’entrent pas dans un cadre préétabli. Ils participent de moments fugitifs, du charme de l’instant. J’ai écrit les textes ici réunis de 2014 à 2018, au rythme d’une chronique par mois, pour le journal Sud Ouest. Et à la fin, en me retournant, j’ai senti qu’ils formaient un livre. Le voici
 » Chantal Thomas

La vie ordinaire, Adèle Van Reeth

L’auteure, célèbre voix de France Culture avec son émission Les Chemins de la philosophie, nous livre ses réflexions sur la vie ordinaire à travers le prisme de sa grossesse, quand la vie ordinaire justement vient se placer sous le signe de l’Autre… Ce récit philosophique nous emmène donc scruter le quotidien sous les auspices des penseurs américains Emerson, Stanley Cavell ou Thoreau et du philosophe français Clément Rosset qui publia, entre autres, Le réel et son double avec qui l’auteure se régale de ratatouille. Réjouissant !

«La vie ordinaire est une vie d’hypocrite. On fait comme si c’était « déjà ça » de vivre « tranquillement », comme si on ne voulait pas d’aventure. Comme s’il suffisait de se la couler douce dans les plis du laisser-être pour atteindre la tranquillité tant recherchée. Sauf que la plupart du temps, on n’y arrive pas. Puisque l’existence humaine est à la fois provisoire et continue, puisque rien ne dure et que le temps ne se retient pas, la tranquillité n’est pas de ce monde.
Et c’est tant mieux. Que le dard de l’intranquillité vous pique encore et encore ! Demandez-vous, au moins une fois, si le nombre d’années parcourues, les épreuves et les angoisses endurées, si vous avez vécu tout ça pour vous réfugier dans la mauvaise foi de l’émerveillement ordinaire, sans jamais vouloir fouiller en dessous, remuer la vase qui étouffe vos désirs et vous fait croire qu’être quelqu’un, c’est peser lourd, et s’accrocher aux horaires comme si la vie en dépendait.
 » Adèle Van reeth

Coups de coeur au rayon polars

Venez partager nos coups de coeur au rayon polars ! Une sélection par les libraires et lectrices de notre club de lecture …

polars

Mictlan  Sébastien Rutés 

A l’approche des élections, le Gouverneur – candidat à sa propre réélection – tente de maquiller l’explosion de la criminalité. Les morgues de l’Etat débordent de corps anonymes que l’on escamote en les transférant dans un camion frigorifique. Le tombeau roulant est conduit, à travers le désert, par Vieux et Gros, deux hommes au passé sombre que tout oppose. Leur consigne est claire : le camion doit rester en mouvement.
Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sans autre arrêt autorisé que pour les nécessaires pleins de carburant. Si les deux hommes dérogent à la règle, ils le savent, ils iront rejoindre la cargaison. Partageant la minuscule cabine, se relayant au volant, Vieux et Gros se dévoilent peu à peu l’un à l’autre dans la sécurité relative de leur dépendance mutuelle. La route, semée d’embûches, les conduira-t-elle au légendaire Mictlán, le lieu des morts où les défunts accèdent, enfin, à l’oubli ?
« J’ai adoré ce livre. On avance au rythme de ce camion sordide qui s’enfonce dans la noirceur au fil du livre, jusqu’à la rédemption finale. C’est magnifiquement tragique. » Isabelle
« Un véritable OLNI. Un style hors du commun qui nous laisse souvent en apnée.
Sorte de conte philosophique doté d’une certaine poésie malgré la noirceur. Mon coup de cœur de la saison. »
Françoise

 

Les Abattus, Noëlle Renaude

Un jeune homme sans qualité relate ses années d’apprentissage entre 1960 et 1984 dans une petite ville de province, au sein d’une famille pauvre et dysfonctionnelle. Marqué par la poisse, indifférent au monde qui l’entoure, il se retrouve néanmoins au centre d’événements morbides : ses voisins sont assassinés à coups de cutter, son frère cadet commet un braquage et disparaît avec le magot, des malfrats reviennent régler leurs comptes, une journaliste qui enquêtait sur le narrateur est retrouvée noyée, etc.
, jusqu’au jour où lui-même disparaît sans laisser de traces. Dans la deuxième partie, situé en 1984, son entourage cherche à comprendre ses motivations, le considérant tantôt comme une victime, tantôt comme un importun, tantôt comme un suspect.

« Livre littéralement hypnotique grâce à sa construction et son style.
Excellent polar doublé d’une belle étude sociologique à la Zola.
Suspens garanti jusqu’à la dernière page.
« Françoise
« Premier roman, découpé comme un film ! Atmosphère glauque à souhait. Qui a assassiné les voisins du dessus ? Même si le doute sur un personnage survient assez vite, l’auteur nous en détourne habilement et ne nous livre la solution de l’énigme que 10 pages avant la fin ! « Sylvie

 

Les enfants perdus de Saint Margaret, Emily Gunnis

Des lettres bouleversantes. Une jeune femme enfermée. Un mystère à résoudre. 1956. Ivy Jenkins s’apprête à donner naissance à son premier enfant. Mais la société puritaine britannique des années 1950 ne lui permettra pas de profiter de ce bonheur. Abandonnée par son amant, répudiée par sa famille, elle est internée de force à St. Margaret, un couvent pour mères célibataires. Très rapidement, l’institution la sépare de son bébé.
2017. Samantha Harper, une jeune journaliste, tombe sur des lettres déchirantes qui révèlent les terribles conditions de détention d’Ivy Jenkins à St. Margaret. Au fil de ses recherches, elle découvre une série de morts suspectes. Alors que le couvent est sur le point d’être démoli, il ne lui reste plus que quelques heures pour faire éclater la vérité. Avant qu’elle ne soit ensevelie à jamais…

« On pense irrémédiablement au film The Magdelene Sisters ! L’enquête part de lettres trouvées par une journaliste chez sa grand-mère. Ceci l’amène à découvrir de nombreuses morts suspectes dans un pensionnat anglais où l’on enfermait des jeunes filles, mères célibataires (fin XIX – début XXIème siècle). Livre très bien documenté sur ces maisons dépendantes de l’Eglise et dont les femmes servaient parfois pour des expérimentations pharmaceutiques. Bouquin très émouvant et éprouvant parfois pour une femme. » Sylvie

Richesse oblige, Hannelore Cayre

Au xixe siècle, les riches créaient des fortunes et achetaient des remplaçants pour que leurs enfants ne partent pas à la guerre. Aujourd’hui, ils ont des héritiers très riches et des descendants inconnus mais qui peuvent légitimement hériter ! En 1870 l’un des fils d’une grande famille d’industriels a été un utopiste généreux et a reconnu un enfant illégitime. En 2016, Blanche, la non-conformiste aux béquilles, entend parler des deuils qui frappent cette famille sans scrupule et découvre qu’elle pourrait très bien elle aussi accéder à cette fortune.
Devant le cynisme affairiste, elle va faire justice en se servant de tout ce que la modernité met à notre portée. Une incroyable galerie de personnages : des méchants imbuvables, de riches inconscients, des idéalistes, une île où règne le matriarcat, des femmes admirables, avec en toile de fond une évocation magistrale de Paris assiégée par les Prussiens et le déménagement du Palais de Justice aux Batignolles.
« 
Vaste enquête généalogique en vue de captation d’héritage.
Des personnages toujours aussi hauts en couleur et un style inimitable.
On navigue entre XIXe et nos jours en analysant la société.
Beaucoup d’humour, bref, un vrai bonheur de lecture. »
Françoise

 

Les naufragés hurleurs – Christian Carayon


 » Il y en avait pour croire que l’année 1925 serait la dernière du monde tel qu’on le connaissait.  » Martial de la Boissière vit à l’écart de la société, protégé par les hauts murs de son manoir. Quand il en sort, c’est pour assister aux réunions du Cercle Cardan, toujours prêt à démasquer ceux qui se nourrissent de l’engouement pour les sciences occultes, des charlatans sans honneur. Sa prochaine mission : assister à une représentation du nouveau médium à la mode, Collas.  Accompagné de son ami Alain, Martial se rend à Paris. Mais l’expérience tourne court : en pleine séance, le médium agrippe le bras d’Alain pour lui crier de s’enfuir avant de s’effondrer en crachant de l’eau de mer. Ce qui paraît alors un stratagème grossier à Martial va se transformer en tragique prédiction quand il apprendra quelque temps plus tard la mort de son ami. Marin émérite, il a pourtant péri dans un accident de voilier au large de l’île de Bréhat.
Et si, derrière les ombres d’une prophétie, se cachaient de terribles secrets ?

« Un voilier s’échoue sur des rochers et 2 corps sont retrouvés (un gendre et sa belle-mère !) Intrigue particulièrement bien conduite avec beaucoup de points d’interrogation qui surgissent. Le décor – l’île de Bréhat-  se révèle angoissant et participe au mystère. » Sylvie

Atmore Alabama Alexandre Civico


Lorsqu’il atterrit en Floride, il sait exactement où sa voiture de location doit le mener : Atmore, bourgade paumée au fin fond de l’Alabama. Il s’installe chez l’habitant, instaure un semblant de routine et rencontre une jeune Mexicaine désespérée. Un lien naît entre lui, l’étranger que l’on devine ravagé par la douleur, et cette fille à la dérive, noyée dans la drogue. Que vient chercher ce Français au royaume des rednecks, de l’ennui et des armes à feu ? Rien ne paraît l’intéresser sinon la prison, à l’écart de la ville, autour de laquelle il ne peut s’empêcher d’aller rôder…

Porté par une écriture affûtée à la poésie sèche, parfois tendre, ce roman de la chute, noir, dense, invoque dans un même surgissement le décor d’une Amérique qui s’est perdue et le saccage intérieur d’un homme qui ne sait plus comment vivre.

« On se laisse emporter par ce roman noir qui nous emmène au fond du désespoir et de l’envie d’en finir de manière assez poétique. » Isabelle

 

Sélection de printemps au rayon « poche »

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Emmanuelle Bayamack-Tam, Arcadie

« Si on n’aimait que les gens qui le méritent, la vie serait une distribution de prix très ennuyeuse. » Farah et ses parents ont trouvé refuge en zone blanche, dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au monde extérieur tel que le façonnent les nouvelles technologies, la mondialisation et les réseaux sociaux. Tendrement aimée mais livrée à elle-même, Farah grandit au milieu des arbres, des fleurs et des bêtes. Mais cet Eden est établi à la frontière franco-italienne, dans une zone sillonnée par les migrants : les portes du paradis vont-elles s’ouvrir pour les accueillir ?

Chimamanda Ngozi Adichie, Americanah

«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire». Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ? De son ton irrévérencieux, l’auteure fait valser le politiquement correct et nous offre une grande histoire d’amour, parcourant trois continents d’un pas vif et puissant.

Edward Kelsey Moore, Les Suprêmes chantent le blues

Tous deux octogénaires, Forrest Payne et Beatrice Jordan ont, à la surprise générale, décidé de convoler en justes noces, provoquant ainsi le retour à Plainview d’El Walker, ancien complice de Forrest et véritable légende du blues, qui avait pourtant juré de n’y plus jamais revenir. Tandis que le célèbre guitariste voit se dresser devant lui les fantômes du passé, l’inséparable trio des « Suprêmes » fait, quant à lui, face à son avenir. Clarice réussira-t-elle à saisir la chance d’embrasser enfin une grande carrière de pianiste ? Barbara Jean parviendra-t-elle à se libérer de l’humiliation que sa mère lui a laissée pour tout héritage ? Et combien de temps Odette pourra-t-elle endurer les accès de colère d’un mari qu’elle ne comprend plus ? Après le triomphe de son premier roman, Edward Kelsey Moore revient avec une bouleversante histoire de pères et de fils, de péchés de jadis et d’acceptations à venir, qu’incarnent, sous le signe d’une irrésistible drôlerie, des personnages aussi puissants qu’attachants.

RJ Ellory, Le chant de l’assassin

Tout le monde a un secret. 1972. En prison depuis plus de vingt ans, Evan Riggs n’a jamais connu sa fille, Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive. Le jour où son compagnon de cellule, un jeune musicien nommé Henry Quinn, est libéré, il lui demande de la retrouver. Mais lorsque Henry arrive à Calvary, au Texas, le frère de Riggs, shérif de la ville, lui affirme que la jeune femme a quitté la région depuis longtemps, et que personne ne sait ce qu’elle est devenue. Malgré tout, Henry s’entête. Il a fait une promesse, il la tiendra. Il ignore qu’en réveillant ainsi les fantômes du passé, il va s’approcher d’un secret que les habitants de Calvary veulent dissimuler. A tout prix. Avec ce retour aux sources qui évoque par bien des aspects Seul le silence, R. J. Ellory nous livre un roman magistral, d’une puissance émotionnelle rare. Un de ses plus captivants, un de ses plus humains aussi.

Boris Khazanov, L’heure du roi

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Grand Reich envahit une multitude de pays, grands et petits ; le tour vient du royaume ancestral, minuscule et glacé de Cédric X. .Le roi et ses sujets baissent la tête et subissent le joug de l’envahisseur. Le vieux roi voit tous les jours s’amenuiser la liberté, le sens de ce qui a constitué non seulement toute sa vie, mais aussi celle de sa lignée, qui remonte fort loin dans les brumes du temps. .Longtemps, lui et ses sujets vont accepter l’humiliation, courber l’échine, jusqu’au jour où dans la petite nation, également, les juifs sont tenus de porter l’étoile jaune.. Un vrai petit chef d’œuvre publié sous le manteau à l’époque soviétique.

Esi Edugyan, Washington black

La Barbade, 1830. Washington Black, onze ans, est esclave dans une plantation détenue par un homme cruel. Très vite, sa vivacité et ses talents de dessinateur impressionnent le frère de son maître, l’excentrique Christopher Wild. Cet explorateur abolitionniste le prend sous son aile pour l’assister dans un projet fou : construire un ballon dirigeable. Quand un jour Wash est accusé à tort d’un crime, les deux hommes sont contraints de fuir. S’envolant des Antilles au pôle Nord, de Londres au Maroc, c’est un voyage extraordinaire qui attend le jeune Wash en ce siècle de découvertes. Mais le chemin le plus dur à parcourir sera celui qui le mènera vers la liberté.