RACHIDA BRAKNI, La part absente – Stock
C’est l’histoire de Karima, jeune femme d’origine algérienne, qui, au sortir de l’adolescence est régulièrement confrontée au racisme et à un certain plafond de verre qui l’empêche de réussir ce qu’elle entreprend. C’est alors qu’elle décide de tourner le dos à sa mère et à ses sœurs sans aucunes explications et de simplement changer une lettre de son prénom. Une décision qui s’avèrera lourde de sens.
Karima devient alors Karina.
Forte de sa nouvelle identité, Karina part s’installer à Berlin où elle travaille dans une galerie d’art. Les propriétaires de la galerie vont lui apprendre le métier et lui donner confiance en elle. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre un français, Vincent Leroy, qu’elle épouse, devenant ainsi Karina Leroy. Le couple revient en France, Karina ouvre une galerie à Paris et connaît un certain succès. C’est alors que le texte bascule.
En effet à l’occasion d’une expo photos, elle reconnait sa mère sur l’un des clichés pris pendant la guerre d’Algérie et sa tentative d’effacement lui déchire soudainement le cœur. La honte la saisit d’avoir disparu sans rien dire, d’avoir menti à sa fille, d’avoir menti à ses amis. Bref son passé la rattrape et elle va devoir affronter ses mensonges aussi bien que l’histoire de la guerre d’Algérie.
C’est l’occasion pour l’autrice Rachida Brakni de nous offrir un superbe portrait de femme en proie à ses contradictions et aussi de nous dire que l’on ne peut pas vivre sans ancrage, sans racines. Et que l’on ne peut pas construire sur le mensonge.
Un roman puissant, un beau portrait de femme.